Brame 2020

Hier soir, la pluie tant attendue, tant désirée est arrivée, accompagnée de rafales de vent.

Je suis partie au brame espérant bien une rencontre malgré ces conditions difficiles.

Je suis à l’affût, j’attends, je regarde l’heure il est 19h46, le soleil doit se coucher à 19h49.

Aucun bruit, à part la pluie et le vent, alors que la semaine dernière j’entendais leurs raires résonner dans les champs.

Aucune activité, même les rouges-gorges que je voyais virevolter dans la haie ont absents.

Derrière moi, j’entends les bruits de la ville, une voiture qui passe, un chien qui aboie, quelques faisans qui criaillent dans les parcelles.
Avec les nuages de pluie, le soleil est caché et la lumière est basse, il faut que je remonte mes ISO.

3 Daguets

 

   

Et venant de la gauche 4 têtes émergent des hautes herbes, il me semble voir des chevreuils…pais non, ce sont 4 daguets qui traversent la prairie pour venir se restaurer dans le champ retourné.

Daguet petit bois mange
Daguet en marche

 

 

Ils avancent deux par deux. Les deux premiers portent déjà fièrement leurs premiers bois fins et pointus. Plus en arrière, les deux autres sont moins bien couronnés juste une petite pointe rebondie sur leur front.

Ils restent ensembles, un d’entre eux toujours en surveillance. Ils s’écartent de quelques mètres tout en broutant.

 

L’un d’eux approche de mon affut, bien qu’a une vingtaine de mettre je distingue bien ses petits bois et son œil noir.

Daguet petit bois 01

 

 

 Après quelques minutes, d’un bond les plus jeunes repartent vers la prairie, les deux autres continuent à surveiller et à manger à tout de rôle.

3 Daguets en marche
2 daguets départ

 

 

Puis côte à côte, ils quittent le champ trottinant vers la prairie, puis accélèrent et survolent les hautes herbes en disparaissant dans la nuit qui est bien là.

Une rencontre tardive, mais bien agréable.

fantôme daguet

 

Le jour suivant:

Je suis retournée le lendemain soir, mais à une autre place de brame que je connais. L’environnement est différent, exit les plaines et les champs entrecoupés de bosquets.
Je suis dans le massif de Rambouillet, là, la forêt est reine entrecoupée de champs et de prairies c’est l’ancien domaine de chasse des rois de France 14000 ha  un bel écrin pour les grands cervidés.
Arrivée vers 18h, la lumière est encore bonne.
Dans ma précipitation, j’ai oublié mon siège d’affut, je m’installe sur mon sac de vêtements de rechange derrière mon filet.

 

Faisan Rambouillet profil
Faisan Rambouillet 2020

Les premiers visiteurs sont les faisans, ils ont dû être lâchés pour l’ouverture de la chasse. Plusieurs mâles et une femelle traversent le chemin en face de moi.

Une biche sort du bois 2020

 

Les biches     

L’attente n’est pas trop longue, sortant du bois, une biche.
Elle reste en bordure, observe, immobile, seules ses oreilles pivotent comme des antennes paraboliques recherchant un réseau. Puis tranquillement, traverse le chemin vers les herbes hautes. Elle stoppe à la lisière des graminées regarde encore une fois puis avance.

Trottinant une biche sort du bois
La biche entre dans les hautes herbes
Une biche dans les hautes herbes. Brame 2020

   Au bout du chemin, un mâle apparait, il porte 5 andouilliers sur chaque bois, ch’est un 10 cors, le nez en l’air il a senti la femelle.

Il approche.

 prétendant01 - Brame 2020
La biche retourne dans le taillis

 

 

Aussitôt, la biche fait demi-tour, retraverse le chemin, et retourne dans le taillis.

Le jeune mâle est au bout du chemin immobile, aux aguets.

Jeune prétendant02 - Brame 2020
 Le prétendant va à l'abri - Brame 2020
La biche ressort un peu plus loin

 

 Un grand raire jaillit des frondaisons, suivi par des cris rauques, saccadés, un autre mâle aussi a senti la biche, il doit surement courir derrière.

 Au bout de la piste, le jeune entre se cacher à l’abri sous les arbres

Le ciel s’assombrit et se couvre de nuages gris qui plombent le ciel.
La biche ressort un peu plus loin, regarde à droite à gauche et retourne dans les herbes hautes.

 

Une seconde biche, suitée, pointe le museau, elle sort du feuillage, traverse le chemin et avancent dans les herbes.
Son petit, camouflé par les plantes disparait derrière elle 

Bientôt, on ne voit plus que sa tête qui émerge.

La première femelle a fait demi-tour et retourne dans le sous bois.

on ne voit plus que sa tête qui émerge.
Le grand mâle ressort du bois.01

 

 

  

Le patron sort enfin.

 

 Le maitre de la place sort enfin du couvert.

Il en impose, un 18 cors lourd et trapu, voilà pourquoi le jeune s’est caché.
Il renverse sa tête en arrière et fait raisonner son brame, puissant et sonore.

 

 

 

 

Et pour bien impressionner son rival, il remet ça plusieurs fois en avançant dans les herbes.

 

 

A voir sa ramure, il a déjà  dû gagner quelques batailles, deux andouillers sont cassés

La place est à lui et qu’il saura la défendre
Il tourne la tête, toisant le jeune au bout du chemin.
le grand mâle ressort du bois. 31

Les nuages débordent d’un coup et des trombes d’eau s’abattent sur moi, je ne vois plus le bout du chemin. À l’abri sous mon poncho, l’eau ruisselle sur mes chaussures. Heureusement que le boitier et l’objectif sont bien protégés par ma housse étanche.
De petites flaques se forment. Je reste stoïque bien décidée à rester jusqu’à la nuit.
De nouveau le silence. Les mâles se sont tus. Les goutes tombes toujours, c’est de la pluie qui mouille bien. Peu à peu, l’orage se calme, la pluie est moins drue, jusqu’à cesser complètement. Mais le vent continue et secoue les branches faisant tomber les gouttes accrochées aux feuilles.

Il fait retentir son cri énergique et puissant
Il tourne la tête, toisant le jeune au bout du chemin.
Le maitre dans les herbes

 La lumière à bien décliné, le soir est là. Je remonte encore les ISO, merci à mon matériel !

On distingue à peine la silhouette de la biche dans le chemin. Elle gagne les hautes herbes suivie de son rejeton. Le jeune prétendant a profité de l’occasion  pour s’approcher de la belle. Mais son espoir sera de courte durée déjà le grand mâle ressort du bois.
Il tourne la tête, toisant le jeune au bout du chemin et fait retentir son cri énergique et puissant signifiant que la place est à lui et qu’il saura la défendre.
L’aspirant rebrousse chemin et disparait sous la futaie. 
Le roi entre à son tour dans la jachère et rassemble son harem.

La nuit est bien là, malgré la montée en ISO, les vitesses sont lentes, les cervidés deviennent  fantômes se mouvant dans la nuit au son des brames qui se répondent.
Plus possible de faire de photos correctes, j’ai tenté un peu de vidéo pour garder encore la magie du moment.

Un câlin furtif

Voici un petit film réalisé pendant mon affût au brame

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